La Vie mensongère des adultes d'Elena Ferrante (2022). Dans ce roman, la narratrice Giovanna raconte son adolescence, une transition brutale où elle quitte l'insouciance de l'enfance pour affronter le monde réel et tous ses enjeux. Elle découvre progressivement les failles de la société : le cercle vicieux des mensonges, le poids des non-dits et les fausses apparences. Alors qu'elle croyait au bonheur, l'hypocrisie de son entourage lui révèle une réalité bien moins enviable que les apparences pompeuses de son milieu. Pourtant, cette désillusion marque aussi le début de l'émancipation et de l'apprentissage. Pour grandir, elle devra surmonter ces épreuves, affronter la réalité et y faire face avec sagesse et résilience. Un magnifique roman d'apprentissage au rythme résolument cinématographique.

Je viens de terminer la lecture des Souvenirs de David Foenkinos, et mes propres
souvenirs ont émergé, aigres-doux, au goût des événements qui ont marqué
jusqu'ici ma vie. Ce roman original oscille entre le passé et le présent, et
montre à quel point les souvenirs du passé marquent le caractère des êtres
humains. C'est surtout vrai lorsqu'il s'agit d'êtres chers qui faisaient partie
de notre quotidien et qui ont disparu physiquement. Leurs traces restent
gravées dans notre mémoire, dans nos valeurs, dans nos comportements et dans
notre pensée. Ils restent là, invisibles à côté de nous, mais leur esprit est
tellement présent qu'on a tendance à demander leur avis et à prévoir leur
réaction. En fait, le narrateur se souvient de son grand-père, de sa
grand-mère, de ses parents et des personnes qu'il a côtoyées ça et là au fil de
son parcours. La lecture de ce livre est plaisante, le style est fluide, et les
anecdotes sont tellement vraies qu'on a l'impression de les avoir vécues
soi-même. Enfin, les souvenirs qui sillonnent les chapitres sont comme des métaphores
d'une pensée fragmentée qui essaie de saisir des visages et des histoires
éphémères accompagnant les moments intenses de la vie.