Monday, March 11, 2019

Arriere-gout amer de la guerre libanaise


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Parfum de poussière (De Niro’s Game en version anglaise originale) est  un roman de Rawi Hage relatant un épisode crucial de la guerre civile libanaise, vu à travers la perspective du jeune personnage narrateur, Bassam, qui s’implique de force avec son ami Georges, surnommé « el fransaoui », dans des situations dangereuses qui les mènent tous les deux à sortir des sentiers battus pour gagner leur vie d’adolescents orphelins, vivants dans un pays pris dans une longue guerre absurde. Unis depuis l’enfance par une solide amitié de voisinage, les deux garçons se vouent à un destin clandestin causé par la vie chaotique et violente, sous les bombardements sporadiques pleuvant sur les rues désertées des deux Beyrouths, celle de l’Est et celle de l’Ouest. Témoins des atrocités de la violence au quotidien, les deux gosses ne résistent à aucune tentation. Vols, tueries, indécences, drogues, mensonges et blasphèmes rythment leur vie ainsi que la narration en lui donnant l’allure des films d’action américains. Pourtant, ce que raconte le « Rawi » (conteur en arabe) sur du papier n’est qu’une vérité pure et dure que reconnaîtront ceux et celles qui ont survécu à la guerre du Liban. La description exacte des lieux et la narration précise des événements qui ont secoué la région éveillent dans l’esprit des lecteurs libanais  des souvenirs vivides d’un vécu morbide qui les a marqué, au même titre que l’auteur. Certains s’identifient à Georges qui a refusé de quitter le pays et d’autres s’assimilent à Bassam qui a tout tenté pour fuir la guerre et trouver refuge ailleurs.

Arrivé à Paris, le narrateur Bassam se métamorphose en Meursault, le personnage absurde dans L’Étranger de Camus. Il devient comme lui, étrange, silencieux, indifférent, détaché, se rappelant la mort de sa mère sans verser une larme, passant ses journées désœuvrées en attendant l’inconnu, épiant les passants de son balcon parsemé de rayons de soleil. Mais, à l’encontre de Meursault, Bassam ne se laisse pas faire, il réagit, il se défend et se déculpabilise en purgeant sa mémoire pour se libérer du traumatisme causé par la guerre. Enfin de compte, invincible, Bassam continue son chemin vers sa destinée de rêve, il se dirige vers… Rome.

Wednesday, February 27, 2019

Une pièce de théâtre en deux actes, 22 scènes



Le sourire de la petite juive de Abla Farhoud




A travers son livre, Abla Farhoud transpose son talent dramatique en un roman qui se joue comme une pièce de théâtre moderne divisée en deux actes : Côté Mile End et Côté Outrement. A son tour, chaque acte est composé de plusieurs scènes dont le nombre et équivalent à celui des portraits qui défilent sous la plume du personnage/auteure, Françoise Camirand.

Le journal de Hinda Rochel, personnage rencontré et raconté par la narratrice devient le fil conducteur qui entrecoupe la pièce comme un monologue intérieur d’une jeune fille hassidique qui se défoule à l’écrit pour marquer ses observations et sa révolte contre les contraintes culturelles qui lui sont imposées.  

Ce n’est pas un hasard que les deux personnages soient des femmes écrivaines, Hinda et Francoise ne sont que les deux facettes de l’auteure elle-même, résidente de la rue Hutchison, où se déroule l’histoire, qui se métamorphose à  travers ses personnages féminins. Tantôt, elle prend le rôle de l’adolescente révoltée qu’elle était lorsqu’elle a immigrée au Québec avec sa famille (Hinda), tantôt, elle devient la femme écrivaine amoureuse de ses livres jusqu’au point de les considérer comme « sa progéniture de papier » (Françoise).

En effet, tous les personnages habitants Côté Mile End et Côté Outrement représentent la diversité culturelle qui distingue la ville de Montréal. Qu’ils s’appellent Willa, Benoit, Tamara, Albert, Antonella, Hershey, Srully, Bathseva, Chawki, Isabelle ou Xaroula, ils sont tous, comme le confirme Françoise Camirand, l’alter ego de Farhoud « des  parties d’elle-même. Des bouts de vie des autres ou de sa propre vie […] qu’elle a mis en mouvement pour mieux saisir …la vie »

Et le sourire dans tout cela?
C’est le signe universel de la convivialité qui crée des ponts entre les humains.


Monday, August 21, 2017

Parcours spirituel

Le fils du Seigneur de Samia Khalifé, est un roman attachant par lequel l’auteure fait preuve de beaucoup de créativité intellectuelle.
 

En fait, l’histoire est un jumelage entre la réalite et la fiction, entre l’intertextualité et l’innovation ainsi qu’entre le monde d’ici et celui d’ailleurs.
 

Pour ainsi dire, l’auteure n’hésite pas à mettre en évidence son côté spirituel en faisant référence aux récits bibliques à travers des passages tirés de l’Ancien et du Nouveau Testaments, ainsi que des Psaumes; en passant par des citations du Prophète de Gibran Khalil Gibran, cité comme la lecture de prédilection du héros.
 

D’autant plus, l’intrigue nous rappelle le parcours de Jésus, fils de l’homme, avant qu’il ne se soit révélé en tant que fils de Dieu. A cet effet, Michel, le fils d’Agathe dans l’histoire, doit dépasser plusieurs obstacles et faire face à plusieurs ennemis, subir la prison et la souffrance, pardonner à ses malfaiteurs, garder la foi en Dieu, rester calme et convaincre le tribunal de son innocence avant de s’annoncer, enfin, comme étant le Fils du Seigneur.
 

Par ailleurs, durant sa quête d’identité, le personnage principal, fait un long chemin d’apprentissage avant d’aboutir à la vérité. Son voyage pour retrouver son père est doublé d’un voyage intérieur le poussant, comme Candide de Voltaire, à se poser des questions sur la providence, le bien et le mal, les interventions du destin, la présence de Dieu dans sa vie. Chacun des personnages qu’il rencontre a un rôle instrumental qui fait avancer l’intrigue vers le résultat souhaité.
 

Derrière le monde fictif et indéfini de l’histoire, on peut déceler des lieux canadiens et libanais (Beaupré, Tajaloune), ainsi que des noms multiculturels (Sélim, Haroun, Blais, Armand, Alfred) émanant du vécu de l’auteure canadienne originaire du Liban.
 

Bonne lecture a tous ceux et celles qui ont besoin d'un brin d'espoir pour envisager un avenir meilleur!

Wednesday, August 9, 2017

Pièces de théâtre suggérées pour le cours FRA4U



IONESCO, Eugène. La cantatrice chauve, suivi de La leçon, Paris, Gallimard, 1972, 190 p.
      Qu'importe que la cantatrice soit chauve puisqu'elle n'existe pas ! Dans cette petite "anti-pièce", première oeuvre dramatique de Ionesco, il n'est fait référence que deux fois à la cantatrice chauve, personnage dont on ne sait rien et qui n'apparaît jamais. Il s'agit bien là d'un Nouveau Théâtre, celui qui donne naissance à des pièces sans héros, sans sacro-sainte division en actes, sans action, sans intrigue, avec en guise de dénouement la quasi-répétition du début, et dont les traditionnelles retrouvailles sont remplacées par une parodie de reconnaissance d'une invraisemblance ahurissante. Les personnages, tout droit sortis d'un manuel de langue, ne s'expriment que par clichés, disent une chose pour aussitôt affirmer son contraire, trouvent une jubilation idiote à employer proverbes et maximes tout en les pervertissant sans même s'en apercevoir... Cependant, très vite, le langage s'"autonomise", se libère de toute contrainte, et l'on assiste avec plaisir au divorce du sens et du verbe. Il en résulte un petit chef-d'oeuvre comique, traité sur l'absurde, variation sur la bêtise et paradoxalement éloge du pouvoir du langage. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à l'édition Poche.


IONESCO, Eugène. La leçon, Paris, Gallimard, 1994, 131 p.
La Leçon est l'une des pièces les plus jouées et les plus lues d'Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de l'enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories linguistiques : le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique : chacun lui donne le sens qu'il veut.

      SARTRE, Jean-Paul. Huis clos, suivi de Les mouches, Paris, Gallimard, 1972, 247 p.
Garcin, révolutionnaire lâche et mari cruel : douze balles dans la peau ; Inès, femme démoniaque qui rendra folle de douleur sa jeune amante : asphyxie par le gaz ; Estelle, coquette sans coeur qui noie son enfant adultérin : pneumonie fulgurante. Morts, tous les trois. Mais le plus dur reste à faire. Ils ne se connaissent pas, et pourtant, ils se retrouvent dans un hideux salon dont on ne part jamais. Ils ont l'éternité pour faire connaissance : quelques heures leur suffiront pour comprendre qu'ils sont leurs bourreaux respectifs. "L'enfer, c'est les autres".
Tous les thèmes sartriens sont là, orchestrés avec brio : la valeur de l'engagement, le poids des actes, les limites de la responsabilité. Avec Huis clos, le grand prêtre de l'existentialisme signait l'une des ses pièces les plus fortes : la scène se prêtait bien à ces réquisitoires concis et percutants, que l'on retrouvera dans Les Mouches et surtout Les Mains sales. Une oeuvre phare du répertoire français.-Karla Manuele   

 
      SARTRE, Jean-Paul. Les mouches, Paris, Bordas, 1999, 247 p.
Oreste rentre à Argos, sa ville natale envahie par les mouches. Il se fait appeler Philèbe et est accompagné de son précepteur, Le Pédagogue. Il y rencontre un peuple torturé : chacun est rongé par le repentir de ses crimes, jusqu'aux souverains, Clytemnestre et Égisthe, mère et beau-père d'Oreste qui ont assassiné son père Agamemnon à son retour de la guerre de Troie.

Électre, sœur d'Oreste réduite en esclavage au palais, tente de soulever une révolte du peuple contre cette éternelle pénitence, mais Jupiter, dieu des mouches et de la mort, l'en empêche.

Entraîné par sa sœur à qui il a révélé sa véritable identité, Oreste décide de venger Agamemnon en assassinant Égisthe et Clytemnestre. Jupiter ne réussit à convaincre ni Oreste de renoncer à son crime, ni Égisthe de ne pas se laisser tuer. Après le meurtre, le frère et la sœur se réfugient dans le temple d'Apollon, sous la menace des mouches de Jupiter.

Ce dernier obtient finalement le repentir d'Electre, mais pas celui d'Oreste qui quitte Argos, libérant ses nouveaux sujets de leurs remords et des mouches.

 
GARCIA LORCA, Federico. Noces de sang suivi de La maison de Bernarda Alba, Paris, Gallimard, 2006, 260p.

      Noces de sang. Lorca s'inspire d'un fait divers relaté en juillet 1928. Mais c'est seulement en 1931 qu'il commencera à composer sa pièce. Il la termine au cours de l'été 1932. Créée le 8 mars 1933 à Madrid où elle remporte un grand succès, acclamée pendant des mois à Buenos Aires, elle a fait le tour du monde et malheureusement son triomphe a obscurci tout le reste de l'œuvre de Lorca, en associant durablement pour la majorité son image à celle d'un auteur exclusivement andalou, folklorique. Non qu'elle manque de beauté: noble architecture, scènes admirables, mais elle trahit une excessive volonté de flatter le goût du public par sa frénésie déclamatoire et son lyrisme facile. 

      La maison de Bernarda Alba. Parti d'un souvenir d'enfance qui l'avait beaucoup impressionné, Lorca s'était proposé de composer un simple "documentaire photographique" sans "une goutte de poésie". Mais son génie en a décidé autrement. II a fait La maison de Bernada Alba, comme l'affirme son frère don Francisco, peut-être la plus poétique de toutes ses pièces. En déplaçant l'action du début du XXe siècle à la veille de la guerre civile dont les premiers crépitements se font entendre, il instaure un climat brûlant de revendications, de troubles sociaux qui s'étend aux domestiques exploités, à toutes les femmes dominées. La prose incandescente brûle toutes les fleurs du lyrisme. Et la poésie dès lors se nomme révolte.


Tuesday, August 1, 2017

Romans suggérés pour le cours FRA2D




-         JOFFO Joseph. Un sac de billes, Paris, Lattes, 1973, 285 p.
Résumé : Paris, 1941. La France est occupée. Joseph et Maurice, deux frères juifs âgés de dix et douze ans, partent seuls sur les routes pour tenter de gagner la zone libre. 
Récit autobiographique publié en 1973, traduit en dix-huit langues, Un sac de billes est un des plus grands succès de librairie de ces dernières décennies.
-         GARY, Romain. La vie devant soi, Paris, Gallimard, 2014, 280 p.
Résumé : Une histoire à quatre temps. Quatre histoires d'hommes et de femmes qui se tissent au fil de l'Histoire. Quatre humains qui refusent à leur façon de se mouler aux modes, aux vues de leur époque. Ils dévoilent en vibrations orageuses, amères, ironiques ou tendres leur sensibilité écorchée et leur ardeur à s'affranchir des modèles imposés et des idées en vogue...


-         MATTEAU, Michèle, Quatuor pour cordes sensibles, Ottawa, L’Interligne, 2011(1944), 103p.
Résumé : Une histoire à quatre temps. Quatre histoires d'hommes et de femmes qui se tissent au fil de l'Histoire. Quatre humains qui refusent à leur façon de se mouler aux modes, aux vues de leur époque. Ils dévoilent en vibrations orageuses, amères, ironiques ou tendres leur sensibilité écorchée et leur ardeur à s'affranchir des modèles imposés et des idées en vogue... 

[http://www.gallimard.fr/Catalogue/Belin-Gallimard/Classico-College/La-vie-devant-soi]
 

Sunday, March 12, 2017

"Et si Eux, c'était nous?"



  
 
Eux
Source: http://www.lemeac.com/catalogue/308-eux.html?page=1  

Lorsque Patrick Isabelle a écrit son roman Eux, il voulait sans doute rentrer dans la peau d'un jeune adolescent, victime d’intimidation, afin de rapporter la pénible et sombre réalité vécue au quotidien par celui-ci.

En effet, pendant deux années consécutives, le manque de confiance, la peur, la haine, la déception, les idées suicidaires, l’envie de tuer, la révolte intérieure, la dévastation, le désespoir et combien d’autres sentiments destructeurs tourmentent l’esprit du personnage anonyme de son roman. D’autant plus, cet ado intimidé au sein de son milieu scolaire ne trouve aucune bienveillance ou consolation auprès du personnel enseignant, de ses camarades ou, même, de ses parents.

Les chapitres du livre sont organisés chronologiquement, racontant et décrivant les évènements de façon à reproduire la progression psychologique du personnage narrateur depuis la première violence subie dans les toilettes de la polyvalente, jusqu’au jour où le drame a éclaté. Cependant, l’ordre des chapitres est rythmé par des citations reprises en prolepses, pour anticiper des évènements qui surviendront à la toute fin. Par exemple, la phrase qui intitule le premier chapitre (p.5) annonce tel quel l’évènement de la page 98 :
« J’ai vu la peur dans ses yeux.
Ça m’a fait du bien.
Alors j’ai tué. »
Ainsi, le lecteur est piqué par une curiosité accrue le poussant à poursuivre sa lecture pour trouver les réponses aux questions qu’il se pose déjà : que s’est il produit? Qui a tué qui? Pourquoi? Comment?

D’autant plus, la clôture du récit laisse le lecteur sur sa faim…qui sera peut-être rassasié, à la suite de la lecture de Nous,  le deuxième volet du triptyque de Patrick Isabelle, édité par Leméac.

Monday, August 31, 2015

Les Desorientes d'Amin Maalouf


Hommage à un Orient défunt
 
Dans son roman Les Désorientés, Amin Maalouf brosse le tableau de l’Orient tel que perçu aujourd’hui. Ce n’est plus l’Orient chanté par les poètes d’antan, ni celui recherché par les voyageurs du XIX siècle; ce n’est  plus la source de la « lumière » baptisée en latin « Ex Oriente Lux », ni le lieu désigné de la sagesse et de la spiritualité. C’est plutôt, une région vaincue et souffrante dont les habitants égarés quittent sans savoir quelle direction prendre.

Le narrateur omniscient raconte l’histoire d’Adam, un historien qui retourne à son pays natal sous la demande de son ami mourant.  À son tour, Adam écrit la chronique de son retour au pays tout en se remémorant des moments  passés avec ses amis, qu’il essaie de réunir à la suite de l’enterrement de leur ami commun. Les notes d’Adam sont des réminiscences du passé, truffées de commentaires sur les problèmes vécus dans la région du Moyen-Orient : la guerre, l’exil, les conflits politiques et le radicalisme religieux. Le narrateur/historien fait plusieurs allusions à la perte historique infligée aux peuples d’Orient vaincus depuis la première guerre mondiale et même avant (voir la discussion avec Nidal p. 363-372).
Au-delà de l’histoire, le pays décrit par Maalouf symbolise l’état de l’homme un peu partout dans le monde « déréglé » d’aujourd’hui. En fait, de par son nom, Adam rappelle le père légendaire de l’humanité tenté par Ève, représentée dans le roman par son amie Sémiramis, dont le nom est aussi emprunté à une reine légendaire de Babylone. D’autant plus, les amis d’Adam sont des spécimens de l’humanité, plus précisément, des répliques des multiples communautés occupant les pays d’Orient : Naïm, Bilal, Ramez, Ramzi, Albert, Mourad. L’appartenance identitaire de ces personnages est liée à leur religion, « identité meurtrière » et seule raison d’être, paraît-il dans ce pays de guerres qu’ils ont quitté. Le pays en question n’est pas nommé une seule fois dans le récit. Est-ce pour éviter la malédiction, ou pour préserver l’aspect légendaire de l’histoire? On ne le saura tant que le personnage, Adam, ne nous révèle la fin de son voyage. Ce qu’il ne pourra pas faire, malheureusement!

Ainsi, la « légende » est clôturée abruptement par la voix du narrateur omniscient qui laisse le lecteur en attente face au destin d’Adam, qui est « en sursis… comme son pays, comme cette planète […] comme nous tous » (p. 526).  

Ce roman est définitivement riche en thèmes et en style. Pour l’auteur, c’est un voyage de retour vers la source, mais, aussi une invitation adressée au lecteur pour revisiter l’Orient afin de tenter de sauver les vestiges d’une civilisation « qui s’éteint » (p.11).


* Pour plus de détails considérant ce roman, lire le compte-rendu de Félicité de Maupeou : http://www.lesclesdumoyenorient.com/Amin-Maalouf-Les-Desorientes.html