
Récits Torontois
Points de vue sur divers sujets,films,textes et images.
Wednesday, August 19, 2020
L'amie prodigieuse: l'histoire d'une amitié
Rédigée en italien, la tétralogie d’Elena Ferrante, relate les étapes d’une amitié qui lie les deux protagonistes Lenu (la narratrice) et Lila depuis leur enfance dans un quartier pauvre de Naples.
L’histoire qui commence dans les années 50 au 1er tome, enfance et adolescence, reflète l’ambiance socio économique de l’Italie à la suite de la 2e guerre mondiale, où les clans politiques sont en pleine ébullition, semant violence et peur chez les habitants de la région. La dichotomie politique et sociale se reflète dans le caractère des deux amies : Lila perçue comme étant la plus méchante, et Lenu, considérée comme la plus douce. Lors de leur parcours de jeunesse, au 2e tome, les deux jeunes filles font face a plusieurs péripéties amoureuses qui, tantôt les rapprochent et tantôt les éloignent, tirées par des sentiments contradictoires de solidarité et de jalousie. D’autant plus, au 3e tome, l’affirmation de soi se manifeste à travers la métamorphose des deux protagonistes, le lecteur sera ravie de poursuivre avec passion le destin de celle qui fuit et celle qui reste, ou chacune sera vouée à suivre un chemin différent de celui de son amie. Cela n’empêche que l’amitié entre les deux jeunes filles s’avère solide et indestructible au fil du temps, malgré les épreuves auxquelles elles ont été confrontées. Pour boucler la boucle, Lenu et Lila se retrouvent de nouveau lors de leur vieillesse, au 4e tome, dans leur quartier d’enfance, là où elles ont noué leur premier pacte d’amitié.
Le style de l’auteur où l’autrice est tellement fluide et envoûtant, qu’il mène le lecteur dans l’ambiance authentique de Naples baignant dans la chaleur et la cadence de la Méditerranée, où se mêlent le grondement du Vésuve à la brise nostalgique des monuments historiques qui distinguent cette ville du sud de l’Italie.
L’amie prodigieuse témoigne de la prodigalité de son auteur ou autrice, qui, sous le pseudonyme d’Elena Ferrante, a su forgé une nouvelle identité, celle de l’écriture humaine, qui dépasse tout autre forme d’identité, que ce soit celle du genre, de la culture, ou de la race.

Saturday, April 20, 2019
Hommage aux femmes libanaises migrantes

Dounia se définit
comme étant muette parce qu’elle ne s’exprime pas dans la langue du pays d’accueil,
elle se croit effacée à cause de l’imposante présence de son mari Salim, elle
se décrit dépendante parce qu’elle ne peut rien faire seule et se trouve
enfermée à cause de ses responsabilités de mère de sixenfants. Pourtant, « sitto
Dounia » comme l’appelle ses petits enfants est tout un univers (selon la
traduction du nom). En réalité, malgré l’image peu flatteuse qu’elle projette d’elle-même,
Dounia fait preuve de beaucoup de sagesse, de détermination et d’altruisme.
Elle a su maintenir sa famille pendant les temps difficiles, elle a pris la
charge lorsque son mari était absent, elle était à l’écoute quand quelqu’un voulait
se confier, elle a accepté sans jugement ses enfants avec leurs défauts et
leurs qualités, elle a gardé leurs enfants quand ils avaient besoin d’elle,
elle les a nourri avec ses mets exceptionnels confectionnés quotidiennement
avec soin et par amour.
Dounia est
le symbole de la Vie, de la Mère qui donne sans retour, dont l’énergie se
renouvelle avec chaque émotion ressentie, au contact de ses enfants et petits
enfants. Même si elle ne parle pas français, Dounia communique avec son cœur et
la langue du silence qu’elle adopte est plus forte que mille mots rangés dans
une phrase mielleuse bien construite.
Le roman de
Farhoud est un hommage à toutes les grand-mères qui se croient incomprises et sous
estimées. Il serait souhaitable de le traduire dans la langue d’origine de l’auteure
pour atteindre un plus grand public, celui des femmes libanaises migrantes, qui,
comme Dounia n’ont pas eu le temps d’apprendre une autre langue que celle de
leurs ancêtres.
Si le
bonheur est éphémère, comme le dit Dounia, il serait heureux de le déguster avec
appréciation quand il se présente.
J’offre ce
livre à ma belle-mére, qui connaît le langage de Dounia, celui du cœur!
Monday, March 11, 2019
Arriere-gout amer de la guerre libanaise

Parfum de poussière (De Niro’s Game en version anglaise originale) est un roman de Rawi Hage relatant un épisode crucial de la guerre civile libanaise, vu à travers la perspective du jeune personnage narrateur, Bassam, qui s’implique de force avec son ami Georges, surnommé « el fransaoui », dans des situations dangereuses qui les mènent tous les deux à sortir des sentiers battus pour gagner leur vie d’adolescents orphelins, vivants dans un pays pris dans une longue guerre absurde. Unis depuis l’enfance par une solide amitié de voisinage, les deux garçons se vouent à un destin clandestin causé par la vie chaotique et violente, sous les bombardements sporadiques pleuvant sur les rues désertées des deux Beyrouths, celle de l’Est et celle de l’Ouest. Témoins des atrocités de la violence au quotidien, les deux gosses ne résistent à aucune tentation. Vols, tueries, indécences, drogues, mensonges et blasphèmes rythment leur vie ainsi que la narration en lui donnant l’allure des films d’action américains. Pourtant, ce que raconte le « Rawi » (conteur en arabe) sur du papier n’est qu’une vérité pure et dure que reconnaîtront ceux et celles qui ont survécu à la guerre du Liban. La description exacte des lieux et la narration précise des événements qui ont secoué la région éveillent dans l’esprit des lecteurs libanais des souvenirs vivides d’un vécu morbide qui les a marqué, au même titre que l’auteur. Certains s’identifient à Georges qui a refusé de quitter le pays et d’autres s’assimilent à Bassam qui a tout tenté pour fuir la guerre et trouver refuge ailleurs.
Arrivé à
Paris, le narrateur Bassam se métamorphose en Meursault, le personnage absurde
dans L’Étranger de Camus. Il devient comme lui, étrange, silencieux,
indifférent, détaché, se rappelant la mort de sa mère sans verser une larme,
passant ses journées désœuvrées en attendant l’inconnu, épiant les passants de
son balcon parsemé de rayons de soleil. Mais, à l’encontre de Meursault, Bassam
ne se laisse pas faire, il réagit, il se défend et se déculpabilise en purgeant
sa mémoire pour se libérer du traumatisme causé par la guerre. Enfin de compte,
invincible, Bassam continue son chemin vers sa destinée de rêve, il se dirige vers…
Rome.
Wednesday, February 27, 2019
Une pièce de théâtre en deux actes, 22 scènes
Le sourire de la petite juive de Abla Farhoud
A travers son livre, Abla Farhoud transpose son talent dramatique en un roman qui se joue comme une pièce de théâtre moderne divisée en deux actes : Côté Mile End et Côté Outrement. A son tour, chaque acte est composé de plusieurs scènes dont le nombre et équivalent à celui des portraits qui défilent sous la plume du personnage/auteure, Françoise Camirand.
Le journal de Hinda Rochel, personnage rencontré et raconté par la
narratrice devient le fil conducteur qui entrecoupe la pièce comme un monologue
intérieur d’une jeune fille hassidique qui se défoule à l’écrit pour marquer ses
observations et sa révolte contre les contraintes culturelles qui lui sont imposées.
Ce n’est pas un hasard que les deux personnages soient des femmes écrivaines,
Hinda et Francoise ne sont que les deux facettes de l’auteure elle-même, résidente
de la rue Hutchison, où se déroule l’histoire, qui se métamorphose à travers ses personnages féminins. Tantôt, elle
prend le rôle de l’adolescente révoltée qu’elle était lorsqu’elle a immigrée au
Québec avec sa famille (Hinda), tantôt, elle devient la femme écrivaine amoureuse
de ses livres jusqu’au point de les considérer comme « sa progéniture de
papier » (Françoise).
En effet, tous les personnages habitants Côté
Mile End et Côté Outrement représentent la diversité culturelle qui distingue la ville de Montréal.
Qu’ils s’appellent Willa, Benoit, Tamara, Albert, Antonella, Hershey, Srully,
Bathseva, Chawki, Isabelle ou Xaroula, ils sont tous, comme le confirme Françoise
Camirand, l’alter ego de Farhoud « des parties d’elle-même. Des bouts de vie des
autres ou de sa propre vie […] qu’elle a mis en mouvement pour mieux saisir …la
vie »
Et le sourire dans tout cela?
C’est le signe universel de la convivialité qui crée des ponts entre les
humains.
Monday, August 21, 2017
Parcours spirituel
Le fils du Seigneur de Samia Khalifé, est un roman
attachant par lequel l’auteure fait preuve de beaucoup de créativité
intellectuelle.
En fait, l’histoire est un jumelage entre la réalite et la fiction, entre l’intertextualité et l’innovation ainsi qu’entre le monde d’ici et celui d’ailleurs.
Pour ainsi dire, l’auteure n’hésite pas à mettre en évidence son côté spirituel en faisant référence aux récits bibliques à travers des passages tirés de l’Ancien et du Nouveau Testaments, ainsi que des Psaumes; en passant par des citations du Prophète de Gibran Khalil Gibran, cité comme la lecture de prédilection du héros.
D’autant plus, l’intrigue nous rappelle le parcours de Jésus, fils de l’homme, avant qu’il ne se soit révélé en tant que fils de Dieu. A cet effet, Michel, le fils d’Agathe dans l’histoire, doit dépasser plusieurs obstacles et faire face à plusieurs ennemis, subir la prison et la souffrance, pardonner à ses malfaiteurs, garder la foi en Dieu, rester calme et convaincre le tribunal de son innocence avant de s’annoncer, enfin, comme étant le Fils du Seigneur.
Par ailleurs, durant sa quête d’identité, le personnage principal, fait un long chemin d’apprentissage avant d’aboutir à la vérité. Son voyage pour retrouver son père est doublé d’un voyage intérieur le poussant, comme Candide de Voltaire, à se poser des questions sur la providence, le bien et le mal, les interventions du destin, la présence de Dieu dans sa vie. Chacun des personnages qu’il rencontre a un rôle instrumental qui fait avancer l’intrigue vers le résultat souhaité.
Derrière le monde fictif et indéfini de l’histoire, on peut déceler des lieux canadiens et libanais (Beaupré, Tajaloune), ainsi que des noms multiculturels (Sélim, Haroun, Blais, Armand, Alfred) émanant du vécu de l’auteure canadienne originaire du Liban.
Bonne lecture a tous ceux et celles qui ont besoin d'un brin d'espoir pour envisager un avenir meilleur!
En fait, l’histoire est un jumelage entre la réalite et la fiction, entre l’intertextualité et l’innovation ainsi qu’entre le monde d’ici et celui d’ailleurs.
Pour ainsi dire, l’auteure n’hésite pas à mettre en évidence son côté spirituel en faisant référence aux récits bibliques à travers des passages tirés de l’Ancien et du Nouveau Testaments, ainsi que des Psaumes; en passant par des citations du Prophète de Gibran Khalil Gibran, cité comme la lecture de prédilection du héros.
D’autant plus, l’intrigue nous rappelle le parcours de Jésus, fils de l’homme, avant qu’il ne se soit révélé en tant que fils de Dieu. A cet effet, Michel, le fils d’Agathe dans l’histoire, doit dépasser plusieurs obstacles et faire face à plusieurs ennemis, subir la prison et la souffrance, pardonner à ses malfaiteurs, garder la foi en Dieu, rester calme et convaincre le tribunal de son innocence avant de s’annoncer, enfin, comme étant le Fils du Seigneur.
Par ailleurs, durant sa quête d’identité, le personnage principal, fait un long chemin d’apprentissage avant d’aboutir à la vérité. Son voyage pour retrouver son père est doublé d’un voyage intérieur le poussant, comme Candide de Voltaire, à se poser des questions sur la providence, le bien et le mal, les interventions du destin, la présence de Dieu dans sa vie. Chacun des personnages qu’il rencontre a un rôle instrumental qui fait avancer l’intrigue vers le résultat souhaité.
Derrière le monde fictif et indéfini de l’histoire, on peut déceler des lieux canadiens et libanais (Beaupré, Tajaloune), ainsi que des noms multiculturels (Sélim, Haroun, Blais, Armand, Alfred) émanant du vécu de l’auteure canadienne originaire du Liban.
Bonne lecture a tous ceux et celles qui ont besoin d'un brin d'espoir pour envisager un avenir meilleur!
Wednesday, August 9, 2017
Pièces de théâtre suggérées pour le cours FRA4U
IONESCO, Eugène. La cantatrice chauve, suivi
de La leçon, Paris, Gallimard, 1972, 190 p.
Qu'importe que la cantatrice soit chauve
puisqu'elle n'existe pas ! Dans cette petite "anti-pièce",
première oeuvre dramatique de Ionesco, il n'est fait référence que deux fois à
la cantatrice chauve, personnage dont on ne sait rien et qui n'apparaît jamais.
Il s'agit bien là d'un Nouveau Théâtre, celui qui donne naissance à des pièces
sans héros, sans sacro-sainte division en actes, sans action, sans intrigue,
avec en guise de dénouement la quasi-répétition du début, et dont les
traditionnelles retrouvailles sont remplacées par une parodie de reconnaissance
d'une invraisemblance ahurissante. Les personnages, tout droit sortis d'un
manuel de langue, ne s'expriment que par clichés, disent une chose pour
aussitôt affirmer son contraire, trouvent une jubilation idiote à employer
proverbes et maximes tout en les pervertissant sans même s'en apercevoir...
Cependant, très vite, le langage s'"autonomise", se libère de toute
contrainte, et l'on assiste avec plaisir au divorce du sens et du verbe. Il en
résulte un petit chef-d'oeuvre comique, traité sur l'absurde, variation sur la
bêtise et paradoxalement éloge du pouvoir du langage. --Sana Tang-Léopold
Wauters --Ce texte fait référence à l'édition Poche.
IONESCO, Eugène. La leçon, Paris,
Gallimard, 1994, 131 p.
La Leçon est l'une des pièces les plus jouées et les
plus lues d'Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de
l'enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories
linguistiques : le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque
le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique :
chacun lui donne le sens qu'il veut.
SARTRE,
Jean-Paul. Huis clos, suivi de Les mouches, Paris, Gallimard, 1972, 247
p.
Garcin, révolutionnaire lâche et mari
cruel : douze balles dans la peau ; Inès, femme démoniaque qui rendra
folle de douleur sa jeune amante : asphyxie par le gaz ; Estelle,
coquette sans coeur qui noie son enfant adultérin : pneumonie fulgurante.
Morts, tous les trois. Mais le plus dur reste à faire. Ils ne se connaissent
pas, et pourtant, ils se retrouvent dans un hideux salon dont on ne part
jamais. Ils ont l'éternité pour faire connaissance : quelques heures leur
suffiront pour comprendre qu'ils sont leurs bourreaux respectifs.
"L'enfer, c'est les autres".
Tous
les thèmes sartriens sont là, orchestrés avec brio : la valeur de
l'engagement, le poids des actes, les limites de la responsabilité. Avec Huis clos,
le grand prêtre de l'existentialisme signait l'une des ses pièces les plus
fortes : la scène se prêtait bien à ces réquisitoires concis et
percutants, que l'on retrouvera dans Les Mouches et surtout Les Mains sales. Une oeuvre phare du répertoire
français.-Karla Manuele
SARTRE,
Jean-Paul. Les mouches, Paris, Bordas, 1999, 247 p.
Oreste
rentre à Argos, sa ville natale envahie par les mouches. Il se fait appeler
Philèbe et est accompagné de son précepteur, Le Pédagogue. Il y rencontre un
peuple torturé : chacun est rongé par le repentir de ses crimes, jusqu'aux
souverains, Clytemnestre et Égisthe, mère et beau-père d'Oreste qui ont
assassiné son père Agamemnon à son retour de la guerre de Troie.
Électre, sœur d'Oreste réduite en esclavage au palais, tente de soulever une révolte du peuple contre cette éternelle pénitence, mais Jupiter, dieu des mouches et de la mort, l'en empêche.
Entraîné par sa sœur à qui il a révélé sa véritable identité, Oreste décide de venger Agamemnon en assassinant Égisthe et Clytemnestre. Jupiter ne réussit à convaincre ni Oreste de renoncer à son crime, ni Égisthe de ne pas se laisser tuer. Après le meurtre, le frère et la sœur se réfugient dans le temple d'Apollon, sous la menace des mouches de Jupiter.
Ce dernier obtient finalement le repentir d'Electre, mais pas celui d'Oreste qui quitte Argos, libérant ses nouveaux sujets de leurs remords et des mouches.
Électre, sœur d'Oreste réduite en esclavage au palais, tente de soulever une révolte du peuple contre cette éternelle pénitence, mais Jupiter, dieu des mouches et de la mort, l'en empêche.
Entraîné par sa sœur à qui il a révélé sa véritable identité, Oreste décide de venger Agamemnon en assassinant Égisthe et Clytemnestre. Jupiter ne réussit à convaincre ni Oreste de renoncer à son crime, ni Égisthe de ne pas se laisser tuer. Après le meurtre, le frère et la sœur se réfugient dans le temple d'Apollon, sous la menace des mouches de Jupiter.
Ce dernier obtient finalement le repentir d'Electre, mais pas celui d'Oreste qui quitte Argos, libérant ses nouveaux sujets de leurs remords et des mouches.
GARCIA LORCA, Federico. Noces de sang suivi
de La maison de Bernarda Alba, Paris, Gallimard, 2006, 260p.
Noces de sang. Lorca s'inspire d'un fait
divers relaté en juillet 1928. Mais c'est seulement en 1931 qu'il commencera à
composer sa pièce. Il la termine au cours de l'été 1932. Créée le 8 mars 1933 à
Madrid où elle remporte un grand succès, acclamée pendant des mois à Buenos
Aires, elle a fait le tour du monde et malheureusement son triomphe a obscurci
tout le reste de l'œuvre de Lorca, en associant durablement pour la majorité
son image à celle d'un auteur exclusivement andalou, folklorique. Non qu'elle
manque de beauté: noble architecture, scènes admirables, mais elle trahit une
excessive volonté de flatter le goût du public par sa frénésie déclamatoire et
son lyrisme facile.
La maison de Bernarda Alba. Parti d'un souvenir d'enfance qui
l'avait beaucoup impressionné, Lorca s'était proposé de composer un simple
"documentaire photographique" sans "une goutte de poésie". Mais
son génie en a décidé autrement. II a fait La maison de Bernada Alba, comme
l'affirme son frère don Francisco, peut-être la plus poétique de toutes ses
pièces. En déplaçant l'action du début du XXe siècle à la veille de la guerre
civile dont les premiers crépitements se font entendre, il instaure un climat
brûlant de revendications, de troubles sociaux qui s'étend aux domestiques
exploités, à toutes les femmes dominées. La prose incandescente brûle toutes
les fleurs du lyrisme. Et la poésie dès lors se nomme révolte.
https://www.amazon.fr/gp/product/2070339068/ref=pd_cp_14_1?ie=UTF8&psc=1&refRID=DWA7GZH4J6H7CZHF16J7
Tuesday, August 1, 2017
Romans suggérés pour le cours FRA2D
-
JOFFO Joseph. Un sac de billes, Paris,
Lattes, 1973, 285 p.
Résumé :
Paris, 1941. La France est occupée. Joseph et Maurice, deux frères juifs âgés
de dix et douze ans, partent seuls sur les routes pour tenter de gagner la zone
libre.
Récit autobiographique publié en 1973, traduit en dix-huit langues, Un sac de billes
est un des plus grands succès de librairie de ces dernières décennies.
-
GARY, Romain. La vie devant soi, Paris,
Gallimard, 2014, 280 p.
Résumé :
Une histoire à quatre temps. Quatre histoires
d'hommes et de femmes qui se tissent au fil de l'Histoire. Quatre humains qui
refusent à leur façon de se mouler aux modes, aux vues de leur époque. Ils
dévoilent en vibrations orageuses, amères, ironiques ou tendres leur
sensibilité écorchée et leur ardeur à s'affranchir des modèles imposés et des
idées en vogue...
-
MATTEAU, Michèle, Quatuor pour cordes
sensibles, Ottawa, L’Interligne, 2011(1944), 103p.
Résumé :
Une histoire à quatre temps. Quatre histoires
d'hommes et de femmes qui se tissent au fil de l'Histoire. Quatre humains qui
refusent à leur façon de se mouler aux modes, aux vues de leur époque. Ils
dévoilent en vibrations orageuses, amères, ironiques ou tendres leur
sensibilité écorchée et leur ardeur à s'affranchir des modèles imposés et des
idées en vogue...
[http://www.gallimard.fr/Catalogue/Belin-Gallimard/Classico-College/La-vie-devant-soi]
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